Sous le ciel d’une gloire inédite dans l’univers de l’Islam en Afrique ; le retour d’exile de Serigne Touba fut le point de départ d’une nouvelle ère pour le mouridisme. Après avoir enduré toutes les sortes d'épreuves durant la première décennie de sa mission sur terre ; Cheikh Ahmadou Bamba avait en effet retrouvé la terre natale le 11 novembre 1902. Au seuil du 20ème siècle les prémisses des vents de liberté avait commence à souffler dans les colonies et l’Islam retrouvait ses marques avec le retour du Cheikh dont l’exil avait fait de grands bruits en 1895.
Les Origines de Mame CHEIKH ANTA MBACKE
Magnifier le prophète Mouhamed (PSL), glorifier son épopée historique durant l’implantation de l’Islam, c’est également rehausser par leurs mérites ses plus proches compagnons. Ces fameux « Sahabas » inséparables du messager de l’Islam jusqu’aux prières et invocations les plus intimes.
Il en va de même de Serigne Touba dont l’œuvre associe étroitement quelques uns de ses plus proches compagnons. En découvrant leurs rôles, l’envergure de leur personnalité et l’engagement de ces inséparables généraux, l’on comprend mieux la stature historique ainsi que la forte coalition familiale et sociale qui a accompagné la naissance et l’évolution du mouridisme. Parmi ceux qui ont joué les rôles déterminants dans les rapports conflictuels entres Serigne Touba et les autorités coloniales celui qui deviendra leur cible principal se nommait le cheikh Sidy Moctar Mbacké.
Le cheikh Sidy El Moctar Mbacké appelé Mame Cheikh Anta ou Serigne Gawane fut une doublure de son frère Cheikh Ahmadou Bamba un continuateur de son œuvre et la révèle dans sa résistance face aux autorités coloniales.
Par leurs mères Sokhna Anta Ndiaye Mbacké et Sokhna Diarra Bousso ils remontaient aux mêmes ascendants tant dans la famille Mbacké et Bousso.
Les liens consanguins étaient renforcés par leur père Mame Mor Anta Saly qui avait confié le plus jeune à son aîné. L’attachement de Cheikh Anta à son frère qu’il allait trouver partout où il se trouvait depuis leur prime enfance devint plus tard un engagement inconditionnel à l’épauler, le servir et le seconder dans sa mission divine. Ce qui lui fera jouer un rôle de premier plan dans le développement du mouridisme notamment durant les années difficiles.
C’est ainsi que le Cheikh Sidy El Moctar eut le privilège de rendre visite à Serigne Touba au Gabon en 1900. Un voyage inédit qui avait accéléré vis-à-vis de l’administration coloniale la procédure entamée à l’époque par de nouveaux élus politiques du Sénégal dont Cheikh Anta Mbacké avait largement appuyé la promotion. C’est lui enfin, ce 11 novembre 1902 au warf de Dakar, qui avait rejoint Serigne Touba dans le navire, le ramenant dans son pays après près de 8 ans d’exil. En le recevant et en l’accompagnant durant ses premiers pas de la gloire de ce retour, Mame Cheikh Anta avait aussi encoché l’accueil historique à Dakar avant de se replier à Darou Salam pour organiser la première grande fête du mouridisme. En janvier 1903 en Mauritanie (1903-1907) et au Djolof (1907-1912) Mame cheikh Anta fut l’infigatible relais du fondateur auprès de sa communauté interlocuteur principal du mouridisme face à l’administration française dont il ne cessa de déjouer les pièges.
Son Voyage à la Mecque
...Voyage à la Mecque...
Avec Serigne Fallou Mbacké et Serigne Mbacké Bousso, ils avaient au lendemain de la disparition du Cheikh conduit une importante délégation à la Mecque pour accomplir au nom de Serigne Touba et de toute la communauté le pèlerinage aux lieux saints en 1928. Dés son retour, la suspicion de l’administration coloniale se renfonçait et fut vite la nouvelle cible de la politique qui visait l’éclatement du mouridisme après la disparition de son fondateur.
Par sa fortune inégale dans notre pays à l’époque, son ouverture et la finesse de son esprit, il incarnait au sein de la communauté mouride son produit le plus achevé. Resté irréductible à leurs yeux, les francais le déportaient à Ségou, au Soudan (Mali) le 13 octobre 1930.
Celui à qui Serigne Touba avait attribué son premier Daara (Darou Salam) ne faisait là, que finaliser le challenge spirituel qui avait conduit son frère de la déportation à la résidence surveillée pendant plus la moitié de sa vie sur terre.