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MAGAL KAZZU RAJAB

...Dimanche 19 Juillet 2009...
Cheikh Mouhammadou Fadal a tout d’abord commencé à célébrer la nuit du Kazou Rajab à DAROU SALAM avant qu’il ne soit Khalif de Serigne Touba et c’est en ce moment là que certains de ses fils commençaient à célèbrer cette nuit.

Un des signes distinctifs par lesquels on identifie le croyant véritable, est la résignation devant la volonté divine, si cruelle puisse-t-elle paraître. Ainsi, lorsque le 13 juillet 1945, Serigne Mamadou Moustapha fut arraché à l'affection de la Communauté Mouride, ce fut avec une douleur ineffable certes mais avec une totale soumission à la volonté de Dieu que le pays tout entier vécut l'événement. Son frère cadet (de six mois), Serigne Mouhamadou Fadilou fut porté au Khalifat car la flamme allumée par Khadimou Rassoul ne saurait vaciller. Celui là, dont le souvenir est perpétué par ses nombreux homonymes connus sous les prénoms de Gallas, de Fallou ou de Fadel, allait marquer son temps.

Tout est en cet homme exceptionnel que nous appelons affectueusement et respectueusement Serigne Fallou ou El Hadji Fallou, porte les stigmates d'une sainteté incontestable.

Sa naissance eut lieu en 1888 à Darou Salam. En effet Serigne Fallou vit le jour exactement la vingt septième nuit du mois lunaire de Rajab. (ndeyi koor dans le calendrier local), C'est la date anniversaire du voyage nocturne du Prophète (en compagnie de l'Ange Gabriel) communément appelé Riniaan, à laquelle il ramena le rituel des cinq prières, si fondamental en Islam. Le Magal du Kazu Rajab qui marque son anniversaire, est un événement très connu, où se pressent des centaines de milliers de talibés fervents.

Lorsque Cheikh Ahmadou Bamba fut informé de la naissance de Mouhamad Fadal, sa satisfaction pouvait se lire dans ses réactions. Il aurait alors vivement exprimé sa gratitude à Dieu en concluant que si ce nouveau n'était pas apparu dans sa famille, il se serait mis à sa recherche pour aller le retrouver, où qu'il puisse être.

Enfin son pèlerinage à La Mecque en est un exemple de piété du Saint Homme. Les circonstances de ce séjour en terre arabe furent telles qu'il eut beaucoup de peine à rentrer à TOUBA : les gens de La Mecque ne voulaient plus s'en séparer, ayant découvert en lui une érudition et une sainteté exceptionnelle.

Déjà, à son enfance, Serigne Fallou avait commencé à montrer des signes annonciateurs d’un être d'exception.

Sa mère Sokhna Awa BOUSSO appartient à une famille d'érudits dont plusieurs imams à TOUBA y sont issus.

Dès l'âge de huit ans, il mémorisa le Coran, sous la protection de Serigne Ndame Abdourahmane LO à la daara dénommée Aalimun Xabiir, à cinq kilomètres environs de Touba. Son oncle paternel Serigne Mame Mor Diarra lui servit de professeur dans l'étude de la Théologie. Sa formation dans les Sciences Religieuses fut complétée par le Cheikh lui-même, à son retour d'exil. Précisons qu'une bonne partie de cette formation eut lieu en Mauritanie, à Saout El Maa (Khomack), où le Cheikh avait été déporté. Serigne Fallou lui y rejoignit en compagnie de Serigne Mamadou Moustapha et de Serigne Mor Rokhaya BOUSSO.

On a constaté que Serigne Fallou maîtrise tous les paramètres linguistiques de l’arabe ce qui suscite de l’admiration de tout le monde, de même que ses talents de poète et de calligraphe hors pair. Il est l’auteur d'une quarantaine de copies du texte sacré, dont vingt huit ont été directement offertes au Cheikh sous forme de don pieux (adiya). D'ailleurs c'est avec la même émotion qu'on évoque encore sa grande maîtrise de ce texte à la lecture duquel il consacrait le plus clair de son temps. Cela n'est pas surprenant quand on sait qu'il a appris à maîtriser l'art du Tajwid auprès de Serigne Mame Mor Diarra d’une part, et de Serigne Mame Thierno Birahim MBACKE, un autre frère de son père, d’autre part.

Un autre fait marquant sa personnalité, est son incommensurable dévotion, sa soumission inconditionnelle au Cheikh qu'il fut loin de considérer comme un père mais plutôt comme son guide spirituel, son Maître. Pour comprendre cet attachement, cette soumission quasi indescriptible, rappelons un événement qui eut lieu à Khomack. Un matin, le Cheikh tint à son auditoire un discours qui peut se résumer ainsi : " Je ne suis ni le père, ni le frère, ni l'oncle d'aucun d'entre vous. Je suis une créature vouée au service exclusif de Dieu. Ceux d'entre vous qui auront choisi de m'accompagner sur ce chemin que j'ai réhabilité, ceux-là sont mes fils, neveux, frères et talibés. " Serigne Fallou et ses frères firent aussitôt acte d'allégeance et les quatre années que dura le séjour mauritanien, ils redoublèrent d'ardeur dans leur apprentissage religieux, selon les règles établies par le Cheikh. Cet événement fut la source d'un poème que Serigne Fallou dédia à son Maître et dans lequel on peut notamment lire :"Notre espoir est en Toi, Toi qui nous as ouvert les portes de la félicité. Je Te vends mon rang de fils pour acquérir la gloire d'être Ton talibé. Et quand Tu m'auras donné cette gloire, je Te demanderais de bien vouloir l'accepter comme don pieux. "

Lorsque le Cheikh exprima sa volonté d'ériger la Grande Mosquée, Serigne Fallou s'engagea corps et âme dans l'entreprise : les vœux, même les plus anodins du Cheikh, sont pour lui des ordres péremptoires. Ainsi, en 1926, alors que le Cheikh mobilisait les forces de sa communauté pour la réalisation de son projet, Serigne Fallou eut le bonheur, après de longues recherches, de découvrir la carrière de NDOCK, susceptible de fournir les matériaux pour la construction de l'édifice. Les échantillons qu'il envoya à TOUBA, rencontrèrent l'agrément du Maître qui, à cette occasion l'exhorta à considérer, au même titre que son frère aîné Serigne Mamadou Moustapha, la construction de la Mosquée comme une mission incompressible.

Lorsqu'en 1927 le Cheikh disparut, Serigne Fallou, un fervent talibé, montra à son frère aîné devenu premier khalife, toute sa dévotion et son affection. Autant il était attentif au moindre désir du Maître, qu’il se mit au Service de Serigne Mamadou Moustapha, dans lequel il retrouvait leur père, au demeurant.

C'est d'ailleurs sous le " ndigal " de Serigne Mamadou Moustapha, qu'il accomplit son fameux pèlerinage à La Mecque. C'était pour concrétiser un projet de Cheikh Ahmadou Bamba. En effet, le Cheikh avait un jour exprimé sa volonté de se rendre aux Lieux Saints. Il avait même désigné les compagnons avec lesquels il souhaitait faire ce pèlerinage. Ces bienheureux étaient Mame Cheikh Anta, Serigne Mbacké Bousso, El Hadji Mayoro Fall et Serigne Moulaye BOUSSO. Dieu en décida autrement et le Cheikh rejoignit le Paradis avant d'avoir eu le temps de mettre son projet à exécution. Alors, en 1928, Serigne Mamadou Moustapha ordonna à Serigne Fallou de concrétiser le vœu de leur père, et avec les mêmes compagnons qu'il avait prévus. Les péripéties de ce voyage furent tellement riches en événements, quasi miraculeux, que la communauté mouride considère que Serigne Fallou est en réalité une réincarnation de Serigne Touba.

En 1945, lorsque Serigne Fallou devint le second khalife de Serigne Touba, il se consacra avec abnégation à la poursuite des travaux de la Grande Mosquée. Il eut le grand honneur, le 7 Juin 1963, d'en procéder à l'inauguration et d'y diriger la première prière.

Son khalifat est encore évoqué de nos jours comme une période particulièrement faste pour le pays. Tous les Sénégalais, toutes confessions et toutes ethnies confondues, le considèrent comme un vrai thaumaturge, un homme qui a reçu du Créateur le pouvoir de faire des miracles. Les plus âgés se rappellent que son avènement a coïncidé avec l'éradication de l'épidémie de peste qui a décimé le pays vers la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La famine qui menaçait la population a alors pris fin et cela a marqué le début d'une ère de prospérité économique, de sécurité alimentaire et d'absence de calamité marquante.

Les jeunes générations, qui n'ont pas eu la chance de ne l'avoir pas connu de son vivant, recueillent des témoignages attestant son caractère de grand-père débonnaire, à la générosité absolument indescriptible, auprès duquel toutes les détresses ont trouvé solution.

N'était-il pas le recours de tous les sénégalais, quelle que puisse être leur origine, contre les abus de l'Administration ?

Pourquoi l'a-t-on surnommé "na am mu am, du am du am" ? Il était crédité du don de Dieu de voir se réaliser toutes les prières qu'il formulait, comme s'il donnait des ordres aux anges. Les exemples sont nombreux pour attester de ce don. Combien de fois a-t-on fait état de paysans venus solliciter ses prières pour déclencher la pluie à un moment où une trop longue pause pluviométrique avait commencé à installer l'inquiétude dans leurs cœurs ? Ce qu'il s'en est suivi chaque fois, est encore présent dans les esprits : une abondante pluie qui contraint les solliciteurs à regagner leur village au triple galop sous la bourrasque, alors que, quelques instants auparavant, rien ne laissait prévoir un tel déchaînement des éléments.

Nombreux sont les gens qui vivent avec la conviction qu'il suffit d'invoquer Serigne Fallou en l'appelant par sept fois, son nom, pour obtenir réalisation de ses vœux.

Ecrivez nous ici : miftahounnasri@gmail.com

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Wakhu Serigne Fallou Mbacké

Discours Magal 1956
Sermon Mosquée Touba 1963
Yobeulou Magal Touba
Waxtane Serigne Fallou 1963
Historique de la Ville de Mbacké Barri

NATAL

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SUITE

En tout cas, le souvenir de son fils aîné, surnommé Serigne Modou Bousso Dieng est encore frais dans nos mémoires. Il a hérité de son père l'appellation "na am mu am, du am du am" : il a démontré à l'envi qu'il lui suffisait de formuler un vœu pour en voir la réalisation.

Ne soyez donc pas surpris si l'on vous dit que Serigne Fallou avait le pouvoir de parler aux animaux. A ce propos, ses contemporains rapportent un fait surprenant certes, mais très édifiant. Des talibés sont venus un jour se plaindre auprès de lui d'un cheval rétif, par la faute duquel les travaux d'emblavure d'un champ qu'il leur avait confiés, avaient été sérieusement retardés. En effet, l'animal s'était montré particulièrement récalcitrant à tirer le semoir auquel il avait été attelé. Le marabout le fit venir et, le prenant par la bride, lui adresse cette harangue : "N'as-tu pas honte ? Là où personne ne veut être en reste pour gagner les grâces de Serigne Touba, toi qui as l'opportunité de t'impliquer, tu refuses de donner ton concours ! Vraiment tu me fais de la peine ! Je te plains !"

Les témoins abasourdis virent le cheval baisser la tête, rabattre ses oreilles et verser de chaudes larmes de repentir. Il fut désormais presque impossible de ramener à la maison à la fin d'une journée de travail : pris d'une ardeur inextinguible, il refusait s'arrêter de travailler quand, au coucher du soleil les talibés exténués ne pensaient qu'à regagner leurs chaumières.

Ce guide charismatique a laissé le souvenir d'un homme convivial, doté d'un très grand sens de l'humain et particulièrement doué pour trouver le bon mot destiné à détendre l'atmosphère et à mettre à l'aise ses interlocuteurs. Combien de fois a-t-il sorti d'affaire des justiciables sur le point de connaître les affres de l'incarcération, non pas pour assurer l'impunité à des malfrats mais pour donner une seconde chance à des citoyens qui, pour avoir une fois trébuché, n'en sont pas, pour autant, devenus irrécupérables pour la société ?

Sous son magistère, la ville de TOUBA a connu un développement très important. En effet il a fait procéder au lotissement et à l'électrification de la cité tout en améliorant les infrastructures existantes. Il a fait bitumer les routes et a installé un premier forage à Darou Manan pour l'approvisionnement en eau. La Grande Mosquée porte sa marque indélébile : elle lui doit les cinq majestueux minarets qui la signalent à des kilomètres à la ronde et dont la plus grande est dénommée Lamp Fall, en hommage à Cheikh Ibra FALL, le fondateur de la Confrérie des Baye Fall.

Selon l'exemple de son Maître et de Serigne Mamadou Moustapha, le premier khalife, il a eu, lui aussi, à créer des villages - Daara très prospères dont nous retiendrons : Ndindy, Madinatou Salam, Alia Mbepp, Touba Bogo.

Ces daara étaient le plus souvent supervisées par des anciens talibés de Serigne Touba.

Il est à noter que les revenus générés par ces exploitations ont été utilisés à financer la construction de la Mosquée ou à soulager les talibés en difficulté ou encore à entretenir les nombreux Maures que le Cheikh a ramenés de son séjour à Khomack.

Cet être d'exception nous a quittés en 1968 pour rejoindre, nous en sommes persuadés, les rangs des bienheureux Combattants de Bedr.

D'où tirons-nous une telle conviction ? De la relation d'un événement, authentifiée par la crédibilité incontestable des témoins oculaires. En effet on raconte qu'un des vieux disciples du Cheikh avait pris la malencontreuse habitude de se prévaloir de son âge chaque fois qu'il s'adressait à Serigne Fallou. Il n'était pas rare, chaque fois qu'il évoquait un événement ancien, de l'entendre dire, avec une pointe d'ironie, au Khalife : "Evidemment, tu es trop jeune pour t'en souvenir… Au moment où cela se passait, tu n'étais pas encor né….Certes, tu es le Khalife, mais moi, je suis ton doyen par l'âge… "

Ceux qui connaissent Serigne Fallou savent qu'il se déplaçait avec une légère claudication, dont personne au demeurant, ne connaît la cause.

Un jour, alors que le vieux talibé, à son habitude dissertait sur son âge respectable par rapport à l'extrême jeunesse du Khalife, celui-ci, excédé, rétorqua : "Où étais-tu, toi qui si âgé, lorsqu'à la Bataille de Bedr, je recevais cette blessure à la jambe ?" Et, joignant le geste à la parole devant une assistance médusée, il exhiba une cicatrice à sa jambe.

Personne, pas même ceux qui l'ont vu naître, ne se souvient que Serigne Fallou ait jamais été blessé à la jambe, de toute sa vie.

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